Depuis une semaine, les producteurs laitiers sont engagés dans des actions contre la chute du prix du lait et pour dénoncer la libéralisation du secteur.


     Depuis le 1er avril, le prix du lait, auparavant fixé par le Centre national interprofessionnel de l'économie laitière, devait être directement décidé par les producteurs et les industriels de l'agroalimentaire. Ces négociations n'ont pas abouti, laissant les seconds imposer leurs prix aux premiers.


     Le prix du lait était négocié, jusqu'à une période récente, de manière concertée par les producteurs et les industriels à l'intérieur de la filière. Mais ce même État qui proteste aujourd'hui a estimé que le dispositif était contraire aux lois de la concurrence et les négociations sont devenues régionales. Michel Barnier a sacrifié l'essentiel en acceptant le compromis sur les quotas et la dérégulation du marché voulue par les Anglo-Saxons.


     Le ministre de l'Agriculture (Michel Barnier) a quelque difficulté à faire rimer son libéralisme assumé et son pseudo-interventionnisme naissant. Il tonne aujourd'hui contre "le prix insupportable" du lait, mais il avalisait, il y a un an, la fin du système de régulation minimale des prix qui garantissait, vaille que vaille, les revenus et la paix dans les campagnes. Il peste à juste titre contre "la seule loi du marché", qui est "toujours la loi du plus fort et du moins disant" mais, depuis la disparition du mécanisme d'entente sur les prix, il a laissé le trio producteur-industriel-distributeur se débrouiller quasiment seul , au risque de voir les plus grands tordre le bras des plus petits dans un secteur crucial pour des régions comme l'Ouest.

     Cette crise illustre l'importance des élections européennes: Avec une forte opposition à la dérégulation du marché au Parlement Européen, les gouvernements nationaux et en particulier notre gouvernement ne pourrait pas prêcher le Libéralisme en Europe et nous faire croire ensuite qu'ils sont contre mais qu'ils n'y peuvent rien. Michel Barnier trompe les agriculteurs Français en faisant croire qu'il est de leur coté, alors qu'il ne fait qu'obéir au Lobby des industriels (tel que DANONE) et des distributeurs (tel que CARREFOUR).

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