Banlieusards est le titre de cette chanson de Kery James. Cette version live est encore plus belle que la version radio diffusé sur les médias. Mais si j'en parle, c'est qu'elle me touche particulièrement.

     J'ai grandi dans une cité "sensible" de la banlieue parisienne. J'ai pu faire des études et même si ça n'a pas toujours été facile, je m'en suis plutôt bien sorti. Aussi, je m'y retrouve complètement dans les paroles de Kery James.

     Parce que, quand on est jeune de banlieue, ce que l'on veut nous faire croire c'est que pour réussir, il faut être rappeur ou footballeur dans le meilleur des cas, sinon dealer. Mais de toute façon, on vous dit que les études, c'est de la merde.

    Nos dirigeants ont trop peur de cette jeunesse qu'ils ne connaissent pas et comme il est vrai que le savoir, c'est le pouvoir, ils sabotent l'école (les lycéens de banlieues l'ont bien compris, c'est pour cela qu'ils descendent dans la rue). Trop d'éducation pour cette jeunesse pourrait nuire à l'ordre établie!

       Mes parents m'ont appris à ne pas croire tous ce que peuvent dire les gens. Et, je me suis battu pour réussir dans mes études. Quand Kery dit "soit tu es un soldat, soit tu es un lâche", c'est parce qu'il n'oublie pas que nos parents (y compris ceux qui étaient français) ont travaillé dur, ont soufferts, ont été humiliés par la France. Réussir est un devoir envers nos parents. Cette chanson le rappelle.

     Mais du coup, certains se font bouffer par la haine et sont dans l'échec. Brûler la voiture de son voisin n'apporte rien à part peut-être d'aller en prison et de se faire haïr à son tour. D'autres à l'inverse n'ont pas de la haine mais de la rage, la rage de réussir, la rage de la justice. Ceux-là réussissent et s'en sortent. En tout cas, et je ne pense pas être le seul, c'est ce qui m'a motivé dans mes choix professionnels et dans mon engagement politique.   

     Lorsqu'on a grandi dans une cité, on garde une empreinte à vie (pas une blessure mais plutôt un héritage culturel). Et il vrai que dans la vie au quotidien, j'ai l'impression que suivant qu'on a grandi ou non dans une cité, la vision du monde n'est généralement pas la même. La culture de cité comme disait NTM n'est pas un vain mot. Un "banlieusard" voit peut-être les choses d'une manière plus nette et n'accepte pas comme vérité universelle ce qu'on peut lui affirmer.

Comme dit Keny Arkana, l'obéissance est le pilier de ce système.   

Le combat continue !